Le burn-out : Le nouvel handicap professionnel ?

De plus en plus de cadres et salariés du secteur privé comme public sont touchés à un moment d’un épuisement professionnel. Avec la pandémie de coronavirus et de tout ce qu’elle a pu engendrer comme changement sur l’environnement de travail, plusieurs personnes se trouvent exposées à des niveaux très élevés de stress. Cet état de choses a fait exploser les statistiques de personne souffrant de burn-out qui développent des symptômes assez alarmants.

A l’heure ou un mindset positif en entreprise est de plus en plus important, il est important de comprendre qu’est-ce que le burn-out ? Comment cela se manifeste-t-il ? Quelles en sont les causes et comment peut-on s’en sortir lorsqu’on en est atteint ?

C’est quoi un burn-out ?

Le burn-out est un phénomène sociologique qui a longtemps été rattaché aux professions liées à la relation d’aide comme la médecine, l’enseignement et le travail social. Le terme fit sa première apparition en 1969 et concernait ce petit groupe de la société considéré comme émotionnellement trop engagé dans leur travail. Une fois atteints, ils présentaient un ensemble de symptômes résultant de la dégradation du rapport subjectif au travail. Mais aujourd’hui, cette affection observée dans l’ensemble des sphères professionnelles est reconnue comme pouvant toucher tout le monde sans distinctions aucunes.

Selon l’OMS, il se caractérise par un sentiment de fatigue intense qui débouche sur une totale perte de contrôle et une incapacité à remplir les objectifs fixés par son travail. Le travailleur se retrouve dans une position où l’écart devient trop grand entre la réalité en face et ses attentes personnelles du métier.

Le burn-out n’est pas reconnu comme une maladie, mais plutôt comme un syndrome à part entière qui peut laisser de graves séquelles psychologiques s’il n’est pas pris en charge tôt. Il est cependant classé parmi les problèmes de santé liés à l’environnement de travail que sont les troubles anxieux, la dépression, le stress post-traumatique, dont il est souvent une résultante.

Comment se manifeste-t-il au quotidien ?

Le burn-out, c’est comme une glissade ! Il survient progressivement avec de simples symptômes qui pourraient bien passer inaperçus. C’est cette manifestation étape par étape qui rend le syndrome si difficile à détecter, surtout lorsqu’on n’est pas beaucoup entouré.

Pour savoir si l’on souffre de burn-out, il faudra avant tout rester attentif aux signaux qu’envoie le corps, aussi bien sur le plan physique que psychique. La révélation peut venir de partout et vous faire prendre conscience du stress très élevé auquel vous êtes confronté au travail et qui vous détruit petit à petit.

Le syndrome d’épuisement professionnel s’articule autour de trois dimensions principales selon la psychologue américaine Christina Maslach. Pour commencer, nous avons l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation puis la diminution de l’accomplissement personnel au travail. L’individu atteint déploie toujours plus d’énergie pour accomplir ses tâches au travail sans éprouver de la satisfaction. Il accumule les frustrations et perd toute capacité de concentration ; ce qui entraîne des pertes de contrôle dans les émotions. À tout cela s’ajoutent plusieurs autres symptômes qui deviennent tout doucement permanents dans le quotidien et peuvent durer plusieurs années. Les symptômes que vous pourrez observer chez un travailleur proche du burn-out sont :

  • une démotivation ou lassitude face à son travail
  • une fatigue excessive et chronique
  • une irritabilité prononcée, des attitudes cyniques et des colères fréquentes avec les collègues
  • un goût pour l’isolement social et le repli sur soi
  • une perte d’estime de soi et une dévalorisation constante de ses compétences
  • un sentiment d’échec et de perte de contrôle
  • des difficultés à la concentration et des pertes de mémoires
  • de l’anxiété et des pensées suicidaires dans les cas extrêmes
  • des conduites addictives au tabac, l’alcool, les drogues et autres
  • des douleurs et maladies physiques (maux de tête et de dos, vertiges, tensions musculaires, AVC dans les cas extrêmes).

Quelles sont les principales causes ?

Le burn-out est intimement lié au climat de travail dans lequel vous évoluez. Son origine est très souvent environnementale dans le sens où il est lié à une accumulation de stress. La multiplication des situations stressantes au travail met notre corps en état d’alerte permanent, entraînant de l’épuisement physique et psychique dû à la surproduction d’adrénaline et de cortisol. Mais attention, le contexte personnel peut également influer sur ce syndrome.

Les travailleurs sujets à l’épuisement professionnel sont généralement perfectionnistes et très impliqués dans leur travail. Ils ressentent de ce fait plus fortement les pressions liées à la charge de travail élevée à laquelle s’ajoutent d’autres sources de tension comme :

  • l’absence d’autonomie ressentie à cause de peu ou pas de participation aux décisions liées à sa tâche
  • une non-valorisation des efforts fournis traduit par très peu de reconnaissance de la part du supérieur hiérarchique
  • un faible soutien social du supérieur hiérarchique ou des collègues
  • le manque de communication entre la direction et les employés.

Peut-on en guérir ?

Selon les cas, une guérison pourrait s’envisager très rapidement ou pas. Il est beaucoup plus conseillé de prévenir l’épuisement professionnel que de tenter de le guérir en restant. Pour cela, vous devez être attentif aux symptômes afin d’agir en conséquence. Plus vous attendrez, plus vous aurez des chances de développer des symptômes graves qui vous laisseront des séquelles irréversibles.

Mais en cas d’atteinte, parlez-en à votre médecin du travail qui fera un diagnostic. Si celui-ci est avéré, il sera communiqué à votre hiérarchie. Il vous sera alors proposé selon les cas un réaménagement des horaires de travail, une mutation de poste, un arrêt de travail qui peut être de courte ou longue durée. Pour des cas extrêmes, des mesures beaucoup plus spécifiques vous seront proposées.